Social
Des faits de harcèlement moral, et le droit de retrait exercé par des collègues : un nouveau cas d’impossibilité de réintégration
Actualité 21.01.2022
Dans un arrêt récent, la chambre sociale de la Cour de cassation a consacré un motif inédit d’impossibilité de réintégration d’un salarié
Dans cette affaire, l’inspection du travail autorise le licenciement pour faute grave d’une salariée protégée. Saisi d’un recours hiérarchique, le ministre du travail annule l’autorisation de licenciement (pour défaut de motivation de la décision de l’inspection du travail). Dès lors, la salariée demande à l’employeur d’être réintégrée à ses fonctions au sein de l’entreprise
En principe, un salarié dont le licenciement a été annulé, peut demander à être réintégré dans ses fonctions antérieures. La réintégration est de droit et l’employeur ne peut le lui refuser que sous réserve de justifier d’une impossibilité de réintégration
En l’espèce, la difficulté tient du fait que l’employeur s’est retrouvé confronté à une situation dans laquelle
La salariée licenciée est la supérieure hiérarchique d’autres salariés de l’entrepriseCes salariés soutiennent avoir été victimes de harcèlement moral de la part de leur supérieur hiérarchique licenciéeLesdits salariés ont exercé leur droit de retrai
Les obligations de prévention du harcèlement moral et d’assurer la préservation de la santé (y compris mentale) des salariés, outre des difficultés matérielles de travail, justifient-t-elles une impossibilité de réintégration
Oui selon la Cour de cassation : « ayant constaté que, tenu par son obligation de sécurité dont participe l’obligation de prévention du harcèlement moral, l’employeur ne pouvait pas réintégrer la salariée dès lors que celle-ci était la supérieure hiérarchique des autres salariés de l’entreprise, lesquels soutenaient avoir été victimes du harcèlement morale de cette dernière et avaient à ce propos exercé leur droit de retrait, de sorte qu’était caractérisée l’impossibilité de réintégration, la Cour d’appel a légalement justifié sa décision »
Ainsi, la Cour de cassation consacre que des faits de harcèlement moral, couplés à l’exercice d’un droit de retrait par plusieurs collègues (qui refusaient de travailler à nouveau avec le salarié évincé), constituent une impossibilité de réintégration
Cet arrêt vient rappeler la force du principe de l’obligation de sécurité de l’employeur, qui tend à s’accroitre de plus en plus ces dernières années, aussi bien dans la loi que dans la jurisprudence
****
Décision : Cour de Cassation, Chambre sociale, 1er décembre 2021, RG n°19-25.71
Dans cette affaire, l’inspection du travail autorise le licenciement pour faute grave d’une salariée protégée. Saisi d’un recours hiérarchique, le ministre du travail annule l’autorisation de licenciement (pour défaut de motivation de la décision de l’inspection du travail). Dès lors, la salariée demande à l’employeur d’être réintégrée à ses fonctions au sein de l’entreprise
En principe, un salarié dont le licenciement a été annulé, peut demander à être réintégré dans ses fonctions antérieures. La réintégration est de droit et l’employeur ne peut le lui refuser que sous réserve de justifier d’une impossibilité de réintégration
En l’espèce, la difficulté tient du fait que l’employeur s’est retrouvé confronté à une situation dans laquelle
La salariée licenciée est la supérieure hiérarchique d’autres salariés de l’entrepriseCes salariés soutiennent avoir été victimes de harcèlement moral de la part de leur supérieur hiérarchique licenciéeLesdits salariés ont exercé leur droit de retrai
Les obligations de prévention du harcèlement moral et d’assurer la préservation de la santé (y compris mentale) des salariés, outre des difficultés matérielles de travail, justifient-t-elles une impossibilité de réintégration
Oui selon la Cour de cassation : « ayant constaté que, tenu par son obligation de sécurité dont participe l’obligation de prévention du harcèlement moral, l’employeur ne pouvait pas réintégrer la salariée dès lors que celle-ci était la supérieure hiérarchique des autres salariés de l’entreprise, lesquels soutenaient avoir été victimes du harcèlement morale de cette dernière et avaient à ce propos exercé leur droit de retrait, de sorte qu’était caractérisée l’impossibilité de réintégration, la Cour d’appel a légalement justifié sa décision »
Ainsi, la Cour de cassation consacre que des faits de harcèlement moral, couplés à l’exercice d’un droit de retrait par plusieurs collègues (qui refusaient de travailler à nouveau avec le salarié évincé), constituent une impossibilité de réintégration
Cet arrêt vient rappeler la force du principe de l’obligation de sécurité de l’employeur, qui tend à s’accroitre de plus en plus ces dernières années, aussi bien dans la loi que dans la jurisprudence
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Décision : Cour de Cassation, Chambre sociale, 1er décembre 2021, RG n°19-25.71

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